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Contre le chômage, l'Elysée parie sur la formation

Article paru dans le monde du 14 mai 2013

Ce sera l'autre sujet sensible de la conférence sociale : l'emploi, avec en tête le dossier de la réforme de la formation professionnelle. Alors que la totalité des promesses de campagne de François Hollande sur l'emploi ont été mises en oeuvre, et que le chômage continue à augmenter, le gouvernement compte prouver qu'il continue d'agir sur le sujet en réformant la formation des chômeurs. Le cadre a été fixé par François Hollande le 4 mars, lors d'un déplacement à Blois. « Au moins un chômeur sur deux doit se voir proposer une formation moins de deux mois après avoir perdu son emploi », a souhaité le président de la République.

En 2011, seuls 566 000 demandeurs d'emploi ont pu bénéficier d'une formation, soit 20 % environ du total des chômeurs. Plus grave, ce chiffre était en recul par rapport à 2010, alors que le chômage avait augmenté entre les deux années. Le diagnostic est connu : sur les 31,5 milliards d'euros dépensés chaque année par l'Etat, les régions et les entreprises pour la formation, seuls 4 milliards sont destinés aux demandeurs d'emploi. La formation bénéficie en premier lieu aux salariés en activité, et parmi eux d'abord à ceux qui sont déjà les plus diplômés.

L'accord du 11 janvier sur le marché du travail a déjà prévu une mesure de simplification en créant un compte personnel de formation qui doit être attaché à chaque salarié tout au long de sa carrière. Mais le contenu et le fonctionnement de ce compte doivent encore être précisés. Le chef de l'Etat a donné jusqu'à la fin de l'année aux syndicats et au patronat pour négocier un accord sur le sujet. La principale difficulté est que le désir de M. Hollande implique de réorienter massivement les fonds de la formation des salariés vers les chômeurs.

Système complexe

Une évolution pour laquelle ni le patronat ni les syndicats ne sont très partants. « Les dépenses des entreprises sont destinées à maintenir l'employabilité de leurs salariés, il ne faut pas ponctionner davantage ces fonds », défend-on au Medef, où l'on plaide pour que l'effort repose sur l'Etat et les régions. « Il n'y a pas besoin d'une négociation pour la formation professionnelle, l'Etat veut seulement nous piquer des sous », abonde Jean-Claude Mailly, le leader de FO.

Un accord sera d'autant plus difficile à atteindre que le complexe système de la formation professionnelle permet en partie aux syndicats et aux organisations patronales de se financer, notamment au travers des multiples organismes paritaires qui collectent les fonds. Il va en plus falloir s'entendre avec les régions, qui sont les principaux financeurs de la formation des chômeurs. Et ce, sans compter la prochaine renégociation des règles d'assurance-chômage prévue pour cet automne.

Jean-Baptiste Chastand

Le Monde

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