Carte des députés soutenant la motion de censure de gauche 10 mai 2016

Le syndicat Solidaires: «Le maintien de l’ordre est totalement à revoir»

Très actif dans la dénonciation des violences policières depuis le début de la mobilisation contre la loi travail, Solidaires fait aussi le lien entre l'intersyndicale et le mouvement Nuit debout. Entretien avec ses

Défendant un « syndicalisme de luttes » ainsi qu'un projet de « transformation sociale » radical, le syndicat Solidaires a gagné en visibilité depuis le début de la mobilisation contre la loi sur le travail. Sa porosité avec Nuit debout ne fait pas de doute, d'autant plus que les deux mouvements dénoncent d'une même voix les violences policières. « Le gouvernement a une stratégie », dénonce Éric Beynel, l'un des deux porte-parole de l'organisation avec Cécile Gondard-Lalanne. Ce discours ainsi que la volonté affichée de durcir le ton dans le mode opératoire peinent cependant à s'imposer dans l'intersyndicale montée contre la loi El Khomri et qui rassemble également la CGT, FO, la FSU et l'Unef.

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La loi El Khomri doit être retirée

Après le rapport Badinter qui tente de résumer en 61 articles et 12 pages les droits acquis par les salarié-es, la ministre du travail El Khomri vient de présenter au Conseil d’Etat un projet de loi qui remettrait gravement en cause un grand nombre de ces droits.

Allant jusqu’à anticiper certaines demandes du Medef, le projet va très loin.

Une remise en cause de fond

Il est global et s’attache à des remises en cause nombreuses qui font système autour de plusieurs points centraux :

  • Faciliter les licenciements collectifs ou individuels, soi-disant pour embaucher plus facilement
  • Remettre en cause les 35h par le biais des accords d’entreprise
  • Remettre en cause la hiérarchie des normes dans la négociation collective, c’est à dire s’affranchir des contraintes liées à la loi.
  • Simplifier le code du travail en remettant en cause l’histoire des droits des salarié-es pour en faire un code des droits humains au travail.

Meeting unitaire du 3 mai Place des Invalides à Paris

Les deux dernières manifestations des 28 avril et du 1er mai ont été marquées par le franchissement d'une nouvelle étape de la répression gouvernementale contre les syndicalistes. Depuis le début de ce mouvement social les méthodes d'utilisation des forces de l'ordre, avec une présence massive, directement au contact des manifestants, casqués, avec leur bouclier, exacerbe les tensions sociales déjà fortes dans le contexte de grave crise de notre pays. Ainsi le 28 avril dernier, par exemple, ceux sont deux camarades de la CGT et de Solidaires qui ont été interpellé après une action de blocage classique et pacifique de l'entrée du port de marchandises de Gennevilliers. Le même jour, et il ne s'agit que de quelques exemples, un jeune manifestant perdait un œil à Rennes, à Paris le carré de tête du cortège parisien était disloqué par des tirs de gaz lacrymogènes au pont d'Austerlitz et à Marseille c'est par des tir tendus que le cortège de Solidaires était accueilli, conduisant un de nos militant à l'hôpital

Après s'être abattue essentiellement sur les lycéen-ne-s et les étudiant-e-s, la répression policière dans le cadre du mouvement contre la Loi Travail s'étend aujourd'hui aux syndicalistes. Elle vient confirmer la tendance à la criminalisation de l'action syndicale déjà illustrée, entre autres, par les cas Goodyear, La poste ou Air France. Il s'agit pour le pouvoir d'empêcher le développement d'un syndicalisme de luttes ainsi que de tenter de fragiliser le massif soutien au mouvement de la population.

On assiste au total à une accentuation des moyens de répression contre le mouvement social et syndical à un niveau jamais atteint ces dernières années : mise à sac d'un local syndical à Lille, tirs tendus de flashball contre les militants, garde à vue de près de 50 lycéens dans le 92, inculpation de syndicalistes dans le 93, garde à vue de nombreux syndicalistes partout en France, la liste est longue... sans compter les violences policières qui s'exercent contre les opposants à la loi Travail, ou contre les jeunes mobilisés dans le cadre des « Nuits debout » qui ont atteint leur paroxysme le 1er mai.

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Badinter, liquidateur du Code du travail !...

Badinter, liquidateur du Code du travail !...

La commission Badinter vient de rendre ses conclusions en énonçant les principes qui doivent guider une refonte du code du travail. Ceux qui se plaignent de la lourdeur de la réglementation actuelle seront contents : le rapport tient en 12 pages et raye 100 ans d’histoire et de luttes.

Pour Robert Badinter, « ce qui constitue le coeur du droit de travail français, c’est la volonté d’assurer le respect des droits fondamentaux de la personne humaine au travail ».

De tout temps les avancées du Code du travail ont eu d’autres raisons : assurer dans un contexte de subordination, c’est à dire de relation inégale entre le-la salarié-e et l’employeur, la protection collective de ceux et celles qui travaillent. La loi, les conventions collectives, les accords négociés collectivement encadrent l’exercice des droits, cela s’appelle la hiérarchie des normes. C’est le coeur de l’architecture actuelle du Code du travail et c’est ce qu’attaque ce rapport. C’est ce qui assure que les droits fondamentaux ne dépendent pas de la force plus ou moins grande des syndicats au niveau de l’entreprise ou de l’arrogance des employeurs.
Par exemple sur le temps de travail, la loi encadre la durée du travail et a défini les compensations en cas de dépassement horaire. Or, les dernières propositions gouvernementales visent à permettre qu’au niveau de l’entreprise des compensations moindres soient négociées pour ces dépassements. Et on le sait, le chantage à l’emploi, la pression à la compétitivité peuvent amener des syndicats à déroger aux règles les plus favorables en signant des accords d’entreprise.

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"Le système néolibéral  affaiblit progressivement le pouvoir politique (démocratie), au profit du pouvoir économique et financier (oligarchie). En favorisant ainsi le pouvoir de l'argent, on enlève au peuple toutes possibilités d'actions sur son destin. La démocratie devient virtuelle."
 
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