Le Travail peut-il devenir supportable ? Yves Clot et Michel Gollac

Les lecteurs de La Nouvelle Revue du Travail ont déjà eu l’occasion de prendre connaissance des travaux d’Y. Clot, notamment à propos de son livre précédent, Le travail à cœur. Pour en finir avec les risques psychosociaux1. Ce nouvel ouvrage se présente également comme un « essai engagé » – mais tout autant érudit et informé de l’état de la recherche en sociologie du travail ou en gestion. Il est cette fois cosigné avec un sociologue dont les travaux font également référence dans le domaine des conditions de travail et de la santé au travail. M. Gollac a animé également un collège d’expert chargé de faire le point sur les connaissances concernant ces fameux « risques psychosociaux » (RPS) et de mettre en place une enquête nationale spécifique sur ce thème (Gollac & Bodier, 2011). L’ouvrage se propose donc non seulement de « faire le point », mais également de « faire du neuf », en faisant « jouer pleinement [les] différences, sans hésiter à rendre manifestes [les] controverses » entre les deux auteurs (p. 9). D’où la forme originale et quelque peu paradoxale du livre, à la fois entièrement cosigné, mais dans lequel le lecteur – surtout s’il est averti des travaux antérieurs des deux auteurs – saura repérer les moments de ces controverses. On reviendra sur ce paradoxe : ces controverses n’auraient-elles pas gagné à être plus explicites ?

Manifeste pour sortir du mal-être au travail, Vincent de Gaulejac, Antoine Mercier

Cet ouvrage est un manifeste, donc un livre engagé, écrit par un sociologue clinicien (Vincent de Gaulejac) qui s’intéresse depuis longtemps à ces questions et un journaliste de France Culture (Antoine Mercier). Comme le précisent d’emblée les auteurs, l’ouvrage vise à mettre fin à la propagation d’un mal (p. 7). Le parcours et les motifs de l’attachement des auteurs à la thématique de la santé au travail sont indiqués dans l’avant-propos. La genèse de ce projet éditorial est à chercher dans une émission de radio autour du thème : quel travail voulons-nous ?(23 janvier 2012, France Inter). En quelques pages, il fait la synthèse d’un certain nombre de dimensions permettant de comprendre que « quelque chose de destructeur semble à l’œuvre dans le monde du travail » (p. 10)

2La structure de l’opuscule rappelle les fondamentaux d’une démarche clinique : poser un diagnostic en indiquant les principaux symptômes, les raisons du mal-être (première partie), les principales causes étant à trouver avant tout, selon les auteurs, dans l’idéologie managériale (troisième partie) et proposer des remèdes au mal ou plus précisément aux maux sociaux (dernière partie). La deuxième partie propose un questionnaire autoadministré permettant au lecteur de faire le point sur sa situation personnelle au regard des thématiques exposées.

La suite sur la nouvelle revue du travail Olivier Cleach  http://nrt.revues.org/1173

Le travail à coeur

Le travail à coeur (présentation du livre par l'éditeur)

Suicides en série sur le lieu de travail, «épidémie » de troubles musculo-squelettiques, explosion des pathologies professionnelles... Une réalité trop longtemps occultée occupe désormais la scène publique française. Devant l'ampleur des « maladies du travail », tout est secoué : entreprises, État, institutions, chercheurs et experts.

"Le système néolibéral  affaiblit progressivement le pouvoir politique (démocratie), au profit du pouvoir économique et financier (oligarchie). En favorisant ainsi le pouvoir de l'argent, on enlève au peuple toutes possibilités d'actions sur son destin. La démocratie devient virtuelle."
 
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